Les voeux de l'Ambassadeur


De ses pérégrinations de loisir sur les côtes tunisiennes, Anis Mili a tiré une bobine et des clichés. Qui font depuis près d’un mois le bonheur des Marsois et leurs voisins carthaginois… Et ça continue à souhait… dans ce paysage magnifiquement ensoleillé.

Ca y est, le photographe Anis Mili est bien parti. Croisons ensemble les doigts pour ce jeune photographe, ami de la presse écrite et audiovisuelle avec qui il a toujours collaboré. Une chose quasi sûre, c’est qu’il lui serait vachement dur de faire marche arrière après avoir goûté aux saveurs du succès, des galeries, des expositions et à un brin de gloire dans cette cour des grands qu’il vient de fouler.

Après «Vision», son exposition de célébrité (la première SVP!) qu’a parrainée M. Degallaix, l’ambassadeur de France en Tunisie et celle d’après, qui a eu lieu, côte à côte avec l’artiste de renom Emmanuel Michel dans les Jardins de Dar El Kamila, en mai dernier, Anis Mili a vraiment pris goût à l’aventure artistique et la photo esthétique.

Le 15 juin, il sera avec une foule d’artistes connus de la scène pour inaugurer un espace d’arts contemporains à Carthage Dermech (pour être plus précis, à côté du théâtre Al Madar que va prochainement gérer le couple Sayem Ben Ammar et le supermarché Monoprix).

Mais l’événement qui obsède actuellement notre ami photographe c’est son exposition à l’Institut du Monde Arabe (IMA) de Paris qui aura lieu en 2008.

«Je ne remercie jamais assez monsieur l’ambassadeur de France et son épouse Fatemeh pour tout ce qu’ils ont fait pour moi. Madame l’ambassadrice en personne est derrière mon exposition qui aura lieu à l’IMA et c’est elle qui s’occupe de toutes les formalités jusqu’au moindre détail pour organiser cet événement qui, pour moi, se profile comme un rêve et je suis, honnêtement, aux anges. Aujourd’hui, je n’ai aucun droit pour reculer. C’est une lourde responsabilité que je dois porter avec bonheur et être surtout à la hauteur des attentes. Ces gens-là m’ont fait confiance, entièrement confiance et je n’ai pas à les décevoir…», nous a confié l’artiste-photographe qui s’est vu, en un court laps de temps, se métamorphoser la vie et prendre des couleurs, des lumières des dimensions et des ailes. Oui, tout a changé (dans le bon sens) chez notre ami et tout le mal qu’on lui souhaite, c’est de persévérer dans ce droit chemin tout en aura.

D’où tire-t-il son art ? En fait, il l’a tout naturellement dans les gênes. Puisque son père Abdeljalil est lui-même passionné sinon mordu de photos et il a souvent été en France dans des stages et ateliers.

Anis Mili, on le sait, n’a pas fait de grandes études dans le domaine. Un autodidacte de talent qui a l’œil bien exercé, qu’on reconnaît et respecte. Ses photos de presse sortent d’ailleurs souvent du lot. Ce qui lui a valu des prix et des consécrations faisant dans le cercle des jaloux et des yeux envieux.

Ici, on pense notamment au Prix de la Création de la Photo pour Jeunes que lui a remis Kamel Haj Sassi, le secrétaire d’Etat au sport, jeunesse et éducation physique.

Mais le meilleur est dans cette boite de photos prises à Dar El Kamila. Vues d’en haut, d’autres en bas. Vues à l’intérieur des appartements et dans les jardins.

Prises au gré des moments de plein jour ou de crépuscule… Le meilleur est aussi dans cette collection déroutante. «J’ai travaillé deux ans huit mois sur «Vision». Ca a pris le temps qu’il faut sur la frange méditerranéenne intensément colorée. J’ai été pratiquement dans tous les ports de pêche et les stations balnéaires. A Haouaria, Kerkennah, Mahdia, Bizerte, Kantaoui… j’ai trouvé ce que je cherche…», ajoute Anis avec un sourire timide et une luminosité dans le regard.

Le photographe a donc travaillé sur le reflet des lumières qu’il affectionne pendant les quatre saisons. Il a guetté matin et soir leurs moindres mouvements, couleurs tramages heureux et autres vibrations. Chez Anis Mili, le monde est changement et tout bouge, tout doit bouger. Ses instantanés en disent long sur la mobilité du temps, de l’espace… Et c’est pour cette raison-là que lui même est en train de mouvoir et progresser dans cette naturelle évolution. Et c’est le bon choix. Sans doute le meilleur qu’il fait depuis qu’il est né.

Zohra ABID