Anis Mili à l’IMA de Paris, «Dialogue entre photographie et patrimoine»

La Presse | Publié le 03.07.2008

Après le vif hommage rendu à l’immense diva égyptienne Oum Kalthoum, dont plusieurs chaînes de télévision françaises se sont fait l’écho, Dominique Baudis, président de l’Institut du monde arabe, et Mokhtar Taleb Bendiab, le directeur général, s’apprêtent à recevoir dans les tout prochains jours un autre artiste, un photographe tunisien, Anis Mili, dont l’œuvre est très appréciée et mérite par conséquent tous les encouragements.

Invitation Exposition Anis Mili à l'Institut du Monde Arabe - ParisLe vernissage de l’exposition intitulée «Dialogue entre photographie et patrimoine» de l’artiste photographe Anis Mili aura donc lieu ce mardi 8 juillet de 18h00 à 21h00 à l’Institut du monde arabe à Paris, sous le haut patronage de S.E.Serge Degallaix, ambassadeur de France en Tunisie. C’est donc à l’initiative de l’ambassade de France, d’Air France et, également, à la volonté de Dominique Baudis, présent en juin 2007 à l’exposition des œuvres de l’artiste tunisien qui s’est déroulée dans les jardins de la Résidence El Kamila à La Marsa qu’Anis Mili tient le privilège d’exposer.

Séduit par les photographies «décalées» par rapport à celles du circuit habituel, ainsi que par l’insolite et la fantaisie de cette démarche originale, le président de l’IMA s’est fait un point d’honneur d’accueillir le jeune artiste. Il sera présent avec vingt tableaux, la plupart liés de près au patrimoine souvent mis en scène de façon élaborée et réfléchie, illustrant la part croissante qu’il accorde à la question de l’identité. Les cinq ou six autres photographies reflètent une nouvelle tendance suivie par ce jeune artiste, racé et intelligent, consistant à saisir par l’objectif le pouvoir exercé par les lignes, les volumes et les couleurs des ensembles. Les barques amarrInvitation Exposition photo Anis Mili à l'Institut du Monde Arabe -  Parisées aux quais procèdent de cette tendance purement abstraite. Ces ensembles ordonnés sont capables d’agir par eux-mêmes sur la sensibilité et la pensée, et cela à travers la clarté du soleil saisie à tous les instants de la journée et qui influent considérablement sur les couleurs saturées de la coque des barques. Initié à la chambre noire depuis tout enfant, l’appareil photo est pour lui l’outil le plus naturel pour exprimer ses sensations. Point besoin de mots pour traduire ses impressions ou ses sentiments. Observateur perspicace, il maîtrise toutes les subtilités de son objectif qu’il manipule avec une dextérité remarquable. Il a le chic d’entretenir avec son appareil une relation d’amour dans laquelle il a également établi des liens de fidélité parce que à la différence de beaucoup de prétendus artistes, il a refusé de s’éparpiller entre des activités trop nombreuses en demeurant fidèle à la photographie qu’il a servie avec un total dévouement. Loin de cette tendance ringarde qui caractérise un milieu encore «lambda» en matière d’audace et de recherche, Anis Mili a déployé son talent prolifique et fécond de «faiseur» d’images dans un style irradiant d’énergie. De sa griffe à nulle autre pareille, de bidouilleur de génie, il a su imprimer dans notre mémoire des images qui éveillent dans l’esprit des résonances profondes en rapport avec un certain patrimoine. Venus du fin fond de l’enfance, ces échos sont ancrés dans son intime conviction que tout ce qui relève du passé sert, à l’instar d’un flambeau placé entre les mains du présent, à éclairer le futur.
Témoignage de vue, dévoilement de l’intime et du non-dit, les photographies ainsi rassemblées tracent un itinéraire de stations dont chacune constitue un fragment de ce puzzle aléatoire, expression de la diversité des œuvres mises en évidence par la richesse des variations photographiques.Exposition Photo à l'Institut du Monde Arabe - Paris

Dans une perspective décalée et pour échapper à une représentation traditionnelle de la réalité, son travail est imprégné d’une certaine crudité qui se traduit par la force de l’expression. D’où l’originalité de Anis Mili.

Anis Mili : Ce tunisien qui sculpte la lumière…

Le Quotidien | Publié le 23.07.2008

Anis Mili, le photographe tunisien qui sculpte la lumièreLe prix de l’amour est l’amour. Ainsi peut-on résumer la relation très spéciale qu’entretient l’artiste photographe Anis Mili avec son appareil photo. Une histoire passionnée et passionnante qui occupe actuellement les cimaises de l’Institut du Monde arabe à Paris. Une belle aventure qui sera clôturée à la fin de ce mois.

Le photographe tunisien qui sculpte la lumièreL’artiste- photographe Anis Mili vit ces jours-ci une grande et belle histoire qui va certainement le marquer pour toute sa vie. Car depuis le début de ce mois- précisément le 8 juillet- notre national a débarqué à l’Institut du Monde arabe avec une vingtaine de photos, un œil averti…et un rêve sans bornes d’aller au-delà des circuits habituels de la majorité écrasante des artistes. Les nôtres surtout. Mais pour pouvoir franchir les frontières avec ces photos qui sortent du lot, Anis Mili a dû travailler, bien et intelligemment, pour affûter son propre style et trouver son identité artistique loin de ces images figées qu’on expose ici et là.

Observateur perspicace et très attentif, doté d’une sensibilité à fleur de peau – tant mieux pour l’artiste – Anis Mili est l’un des talents émergents de la planète de la photographie, au moins et pour le moment en Tunisie. Ses premières expositions inspirées des festivals de jazz, des Journées Cinématographiques de Carthage et d’autres importantes manifestations culturelles ont permis aux fidèles des galeries et aux chercheurs des volumes et des formes de découvrir cet artiste qui a choisi de chercher et d’innover loin des sentiers habituels et d’aller avec ses photographies en noir et blanc à la rencontre de la Tunisie avec ses hommes, sa beauté et sa lumière. Une Tunisie très belle qui s’échappe de ses images figées et folkloriques…même très dépassées.

Le photographe tunisien qui sculpte la lumièreAvec lui, le public découvre la beauté de cette terre sous la lumière changeante au fil des saisons, cette lumière qui a séduit Paul Klee, Gustave Flaubert…et qui continue à charmer des artistes de différentes écoles et expressions. Autodidacte, Anis Mili a appris avec ses premiers pas à aimer la photographie et grâce à son père – photographe aussi- le petit Mili a découvert petit à petit la magie de cet appareil capable d’éterniser des moments du vécu. Laissant libre cours à son feeling, à son cœur, cet artiste a pu briller grâce à un style très recherché basé sur un dosage subtil de la lumière, des tons et des reflets. Avec les couleurs et les formes, il jongle, en quête d’une image insolite. Une démarche très originale qui lui a valu plusieurs consécrations et une grande exposition dans les jardins de la Résidence El Kamila à la Marsa, sous le haut patronage de Son Excellence Serge Degallaix, ambassadeur de la France en Tunisie.

Et voilà, après ses jolies aventures artistiques, vient le temps du décollage vers d’autres cieux. Et pour Anis Mili, le photographe tunisien qui sculpte la lumièrebien démarrer, il n’y pas mieux que l’Institut du Monde arabe à Paris, capable de présenter ces nouvelles et prometteuses expériences. Avec «Dialogue entre photographie et patrimoine», l’artiste-photographe Anis Mili a débarqué à l’Institut du Monde arabe (IMA) depuis le 8 juillet grâce à l’initiative de l’ambassade de France et avec le soutien d’Air France et également de Dominique Baudis, président de l’IMA et Mokhtar Taleb Bendiab, le directeur général de cette institution. Une exposition aux couleurs tunisiennes qui vient juste après l’hommage rendu à la diva arabe Oum Kalthoum. Et pour notre artiste qui a choisi de sculpter la lumière et de redessiner les ombres et les reflets, cette grande exposition à l’IMA n’est qu’un nouveau pas en quête d’une carrière internationale. On le souhaite vraiment, de tout notre cœur, pour ce faiseur d’images et de rêves !

Imen Abderahman

Ils ont dit

Anis Mili Artiste photographe– « Les qualités esthétiques du travail d’anis résident paradoxalement dans l’apparente pauvreté de ses photos : aucune mise en scène, essentiellement des natures mortes. Des véritables œuvres abstraites  mais qui ne sont pas pour autant laissées statiques, au hasard des rencontres, mais mises en mouvement  transfigurées par la regard » I L. L’Economiste Maghrébin.

– « Pour lui, il s’agit de faire vivre et parler la photo avec une langue différente, celle du photographe. Une musicienne, un groupe, une belle scène une ambiance et des effets de lumière et faire vivre et parler la photole voilà maintenant vouloir faire partie du spectacle à sa façon. Le résultat est là. Son émotion transparaît à travers ses clichés.» L’Economiste Maghrébin 13 avril 2005.

– « Anis est un artiste, un intellectuel, un créateur qui aime la vie et qui essaie de montrer qu’elle est belle. Il est à la fois et curieux. Mili comme les grands artistes, a le pouvoir de réveiller la force qui sommeille en nous… » O.Kammoun. LE MANAGER

– « Pour Anis Mili, être photographe correspond à un besoin de matérialiser et d’inscrire son histoire » S .T .La Presse mardi 17 février 2004.

– « Les experts en photographies disent que ses photos sont l’expression d’une passion pour le détail des choses et le mal d’exister qui a toujours été le propre des vrais artistes ». O .Kamoun .Le Manager janvier N 25.

– «  Anis Mili figure parmi les noms de ces photographes qui ont de la technique, de la sensibilité et le talent nécessaire pour l’exprimer. Anis Mili a aussi le talent pour pactiser avec la lumière et en faire une tendre alliée. Faut- il encore dire que c’est un photographe qui prend son temps devant a photo ou que ses photos nous invitent à prendre notre temps et à laisser décanter …le tout soi. ». SBT. La Gazelle Magazine.

– « Derrière son appareil, il s’oublie, coupe son souffle et ne songe plus qu’a sa proie, et Dieu sait combien chanceuse sa proie ! Puisqu’il dit transcender l’aspect matériel de la personne ou l’objet à photographier pour restituer fidèlement son tréfonds… » MBR. La Presse magazine – N 1003/ 31 décembre 2006.

– « Avec son air négligé, il ne cesse de répéter à celui qui veut bien l’entendre, que la photo c’est l’amour de sa vie … » M .A.B.R  Le Quotidien, mercredi 11 février 2004.

exposition photo du photographe tunisien Anis Mili– « Anis Mili, cet amoureux fou de l’image, préfère la discrétion, cédant la parole à ses photographies qui ont valu le prix honorifique des jeunes créateurs » La Gazelle magazine.

–   «  sortir des sentiers battus des expositions photos, un art à la recherche de son accomplissement en Tunisie, c’est le défi que l’artiste Anis Mili a tenté de relever. Un succès selon les critiques de la place. Mais le chemin est encore long. M ABR. Le quotidien 5 mai 2007

-« Anis Mili a l’air d’un voyageur prêt à partir à n’importe quel moment pour un bout de rêve au un bout d’image capturée dans un objectif avide de grandes aventures. Anis Mili n’est pas  le photographe à s’imposer un seul style. Il préfère la liberté de la muse et de l’instant. Les coups de cœur vont du détail, à la texture de paysages de la tunisie. » SBT. La Gazelle magazine.

– « loin de cette tendance ringarde qui caractérise un milieu encore «lambda» en matière d’audace et de recherche, Anis Mili a déployé son ta¬lent prolifique et fécond de «faiseur» d’images dans un style irradiant d’énergie. De sa griffe à nulle autre pareille, de bidouilleur de gé¬nie, il a su imprimer dans notre mémoire des images qui éveillent dans l’esprit des résonances profondes en rapport avec un certain patri¬moine. Venus du fin fond de l’enfance, ces échos sont ancrés dans son intime conviction que tout ce qui relève du passé sert, à l’instar d’un flambeau placé entre les mains du présent, à éclairer le futur.
Témoignage de vue, dévoilement de l’intime et du non-dit, les photographies ainsi rassemblées tracent un itinéraire de stations dont chacune constitue un fragment de ce puzzle aléatoire, expression de la diversité des œuvres mises en évidence par la richesse des variations photographiques. Dans une perspective décalée et pour échapper à une représentation traditionnelle de la réalité, son travail est imprégné d’une certaine crudité qui se traduit par la force de l’expression. D’où l’originalité de Anis Mili. » La Presse de Tunisie.
A l’occasion de vernissage de l’exposition «Dialogue entre photographie et patrimoine» de l’artiste photographe Anis Mili qui a eu lieu mardi 8 juillet de 18hOO à 21hOO à l’Institut du monde arabe à Paris, sous le haut patronage de S.E.Serge Degallaix, ambassadeur de France en Tunisie.

– «  un effort vite récompensé avec ce 1er prix national 2006 de la photo qui lui a été décerné lors de la soirée des remises du prix national  2006 de la création des jeunes ….» I M. Le Renouveau

– « Anis Mili a posé un regard rempli de sensibilité sur cette demeure dont il a su capter la magie et je vous invite a suivre au fil des mois sa déambulation photographique dans la secret des jardins ou des appartements » Serge DEGALLAIX  ambassadeur de France en Tunisie. Almanach 2007, à l’occasion de 150éme anniversaire de Dar Al Kamila.

– Sous le patronage de Mme Fatemeh DEGALLAIX, épouse de son excellence Monsieur l’Ambassadeur de France en Tunisie, j’ai le plaisir de vous inviter à l’ouverture de l’exposition de photos intitulée VISION, qui aura lieu au palais ESSAADA à la Marsa le 02 mai 2007 à partir de 18h00. Anis Mili.
« Des vrais poèmes ! Mais cette fois ce n’est pas une question de plume ni de papier vierge ! Cette fois l’écriture est sublimée par le biais des lumières.
Ecrire avec la lumière propre de Anis Mili…
Et rien n’est aussi capricieux qu’une lumière qui varie au gré des saisons et des jours.
Des saisons et des jours, qui ont travaillé dans le corps et dans la rétine, un artiste armé de passion et de patience…un photographe qui arrache, comme une jeune épouse des griffes de la tempête, ces tableaux si dense et si structurés dans leur lumière.
Les photographes de ce calibre ont souvent aimé le détail, se sont débattus avec la lumière, la matière et la couleur. Leurs enfers sont toujours des fêtes pour ceux qui les observent. Mais voila eux aussi, ils ont leurs trouvailles…
Il faut voir la lumière écrire sur les surfaces fusantes des eaux…c’est ça Anis Mili un bohémien qui part à la recherche de l’inaccessible lumière. » Salem Trabelsi.

Sublimes regards

Lorsqu’on visite une exposition photo, c’est pour découvrir généralement des paysages, des espaces, certains lieux, des couleurs tirées de la nature, en plus d’une technique de laboratoire donnant des effets chromatiques aussi variés que captivants.
Mais ce que nous avons découvert dans l’exposition du photographe Anis Mili dont le vernissage a eu lieu jeudi dernier au Palais Essaâda à la Marsa, est tout autre chose.
Le premier coup d’œil, à l’entrée, sur les œuvres exposées nous rappelle des tableaux de peinture, tellement les espaces, les couleurs et leur composition sont nettes et évidentes, comme des touches de pinceaux.
Passé ce moment de surprise, et en pénétrant dans la deuxième puis la troisième salle d’exposition, notre étonnement est d’un autre genre; car en analysant les clichés d’Anis Mili, on penserait automatiquement à un traitement des couleurs et des formes dans le laboratoire, avec ces techniques de zoom, de durée d’ouverture du diaphragme etc.
Rien de cela, parce que Anis Mili a choisi ses sujets, ses prises de vue dans leur véritable apparence esthétique, plastique et chromatique, autrement dans leur état naturel. Différemment de ce qui est couramment pratiqué dans le domaine de la photo, en prenant le cliché et en le traitant plus tard, notre artiste photographe s’est basé dans ses œuvres sur sa perception artistique des motifs choisis, ou éléments de la photo. Analysant esthétiquement ce que ces derniers peuvent «représenter» comme caractéristiques plastiques (lignes, formes, couleurs, composition, équilibre, complémentarité, contraste, etc), c’est par la suite qu’il appuiera sur le bouton pour obtenir ce très beau tableau. Coquillages sous une surface d’eau, ondulations au-dessus, reflets, ombres et lumières, effets chromatiques et lumineux, tous ces «phénomènes» exceptionnellement beaux sont pris sur le vif, instantanément par Anis Mili: c’est «une» vision (titre de son expo), unique par rapport à l’instant choisi et par rapport à «sa» vision des choses.
Ce caractère «rêveur», réservé, voire indéchiffrable de l’artiste photographe, cache une très profonde sensibilité artistique et un regard parfaitement conscient de ce qui peut évoquer l’œuvre d’art dans son environnement, dans cette belle nature. Loin des clichés figés d’un espace architectural ou d’un quelconque paysage, Anis Mili est allé vers le fond des choses, vers le plus petit détail et le plus proche de son viseur, qui avec la maîtrise technique totale de la photo d’art par notre artiste, lui permet de transmettre fidèlement cette «peinture» naturellement installée… Déchiffrer d’aussi belles images de la nature parmi une infinité de belles composantes nous entourant, n’est sûrement pas donné à quiconque, n’eût été cette vision subtile du détail et cette âme profondément artistique d’Anis Mili, qui nous a, à son tour, profondément touchés. Une très belle exposition qui mérite et le déplacement et le respect…

T.H

Au Palais Dar El Kamila, la Marsa : Regards d'artistes

Publié le 22.05.2007

Dans le cadre du 150ème anniversaire de la présence française à Dar El Kamila, monsieur Serge Degallaix, Ambassadeur de France en Tunisie, et son épouse, madame Fatemeh Degallais, ont ouvert les jardins de la Résidence pour y abriter deux regards, deux tendances de deux artistes.

Les photographies de Anis Mili et la peinture d’Emmanuel Michel ont scandé la promenade des convives qui se sont laissé séduire par les charmes et la beauté des lieux le week-end dernier…Anis Mili - Artiste photographe Tunisien

En fin d’après-midi, dans la quiétude et la fraîcheur paisible, on traverse l’allée centrale de Dar El Kamila pour atteindre un jardin où la notion du temps semble disparaître pour céder la place au murmure des décennies d’histoire. Un personnage étrange accueille le visiteur. Cinvitation exposition photo Vision‘est un homme du sud saisi par le pinceau du peintre voyageur Emmanuel Michel. Il regarde ces intrus qui le scrutent à leur tour… Puis, en franchissant l’arcade, ce sont d’autres personnages, hommes et femmes qui retiennent l’attention. Anonymes, ils ont, pourtant, ce regard familier, ces traits qui rappelleraient les personnes croisées au détour d’une rue, au bout d’un voyage vers les terres du sud.

Exposition photo VISIONLa ligne oscille, elle traduit un mouvement, une danse, une discussion ou un échange musical. Le pinceau s’emballe et s’anime, saisit l’instant présent, la vie quotidienne et anodine. La toile traverse le temps et plonge le visiteur dans une vision nostalgique. La couleur kraft et la palette sombre qu’une note chaude ou claire vient égayer parfois, confère à l’œuvre un aspect atemporel. Emmanuel Michel suit les traces des peintres orientalistes pour s’en démarquer par les collages et la technique. Dans son travail, il mêle les matériaux. Sur la toile, un fragment d’enseigne ou une photo sont collés donnant une dimension réaliste au travail. Interrogé sur l’adoption d’une telle technique, il confiera qu’il ne saura expliquer un tel choix, seulement que cela obéit à une démarche personnelle et une vision particulière…

D’une première vision, le visiteur passe à une deuxième, celle de Anis Mili.Exposition Photo VISIONExposition photo VISION Fidèle à sa volonté d’innovation, le photographe se joue de l’œil ; ses œuvres sont à mi-chemin entre la photo et la peinture. « Ses marines » sont autant d’invitation au voyage et à l’escapade inconsciente dans des contrées sans limites où l’eau est la muse et l’origine de toute chose. La mémoire défile et les souvenirs coulent, tout est si familier et si étrange à la fois où rêves et réalités se côtoient et s’épousent. Derrière l’objectif, c’est un univers particulier qui se profile ; faune et flore, humain et animal s’y trouvent bannis, ne demeure alors que le minéral seule présence vivante, source d’inspiration et de vie…

Ainsi, par un double regard et une double touche, Dar El Kamila fête son 150ème anniversaire en offrant une exposition où contemporanéité et rétrospection se juxtaposent, faisant de cette dualité un point d’ancrage dans le sillage de l’histoire et une posture nouvelle pour regarder l’avenir…

Le Temps

Au musée de Sidi Bou Saïd: «Reflets» Prélude d’un concept tout en improvisation

La Presse | Publié le 03.02.2009
A l’initiative de Mohamed Hachicha, le céramiste de Sidi Kacem Jelizi, l’Union des artistes plasticiens tunisiens a dérogé à l’usage établi en parrainant une exposition de photographies, la première depuis sa création. Elle se tient au musée du village de Sidi Bou Saïd, la clôture a eu lieu le samedi 31 janvier.

Jusqu'au bout de la sensibilitéSur le thème du reflet comme prélude au phénomène par lequel on se retrouve sur la même longueur d’ondes que ces artistes qui parlent presque le même langage; le reflet demeure, en définitive, sensible aux vibrations saccadées et répétées de nos palpitations et qui finissent par faire sourdre l’émotion enfouie en chacun des trente-cinq artistes, pratiquement tous enseignants à l’Ecole des arts et métiers de Sfax et à l’Institut supérieur des beaux-arts de Tunis.
On y trouve Anis Mili, un pro de la photo «décalée» qui sort de l’ordinaire par la fantaisie et l’insolite.

En juillet 2008, il était l’invité de l’Institut du monde arabe, à Paris, où ses œuvres, au nombre de vingt, ont rencontré un écho favorable. Dernièrement, il a été récompensé du Prix de la photographie au festival des arts plastiques d’Ezzahra.
Présent avec deux compositions intitulées «Complémentarité», elles se situent dans une perspective quelque peu déplacée dans le temps et dans l’espace qui échappe à une représentation traditionnelle de la réalité. Anis Mili y a déployé une crudité qui laisse trahir une vraie force d’expression. Dans un style irradiant d’énergie, il a réussi à imprimer dans la vision du spectateur des échos, reflets d’une mémoire qui éveille dans l’esprit des résonances profondes.
Avec Lotfi Ghariani, on est immédiatement introduit dans une structure verticale, organisée selon un schéma, disons, hiérarchique, en ce sens que ses deux tableaux (40 cm sur 190 cm) se présentent avec le concept qu’il affectionne et qu’il utilise dans quasiment tous ses travaux. Sa «Barque Kyranis», une composition en quatre éléments, a été acquise par la mairie de Marseille. Elle trône présentement dans le salon d’honneur d’un des arrondissements de la cité phocéenne.
Lotfi Ghariani a traité comme pas un le reflet; il a superbement joué sur la réflexion de la lumière à partir de la surface des deux corps de mannequins de vitrine. Avec beaucoup d’ingéniosité, il a mis en lumière la variation recherchée dans le coloris, le modelé et la manière d’exprimer l’amplitude du phénomène du reflet. En avril 2008, il était en résidence à Alexandrie, dans le cadre du 3e Atelier méditerranéen de la photographie, organisé par Ecume. Il vient de remporter dernièrement le trophée de la IIe édition de Festimed, l’exposition internationale de la photographie, à Hammamet-Sud.

Mouna Siala, quant à elle, a présenté deux œuvres, l’une consacrée à la férocité de l’acharnement des hordes sionistes sur les civils désarmés et innocents de Gaza, et l’autre sur le devoir de mémoire. En effet, l’artiste a réuni toutes les photos, depuis l’enfance jusqu’à aujourd’hui.
Celles de son entourage immédiat, des enfants du quartier, et elle les a rassemblées dans l’expression la plus réduite de leur représentation. Par cette action biologique et psychologique, l’artiste a sauvegardé de l’oubli des expériences antérieurement vécues. Reflet des sentiments éprouvés et, peut-être, des connaissances autrefois acquises, la photographie reflète des souvenirs enfouis dans le plus profond de notre être et qui, une fois qu’on ne sera plus là, demeureront dans l’esprit de ceux qui nous succéderont.

Sur une citation du peintre et plasticien François Morellet, réputé pour avoir célébré l’heureux mariage de l’ordre et du désordre, Wadie M’hiri a participé à cette exposition avec une installation photo qui avait tout d’une abstraction cinétique, fondée sur l’illusion optique, et minimale ou conceptuelle réduisant l’œuvre à des formes géométriques tout ce qu’il y a de plus simples.
Cette installation, en plexiglas, est composée de neuf éléments indépendants les uns des autres. Son originalité réside dans le désordre qui n’est qu’apparent car, en fait, il reflète cette tendance spontanée qui consiste à disposer les éléments dans l’ordre et à leur place. Une œuvre qui donne à réfléchir.

Ouvrage de photos de la Résidence de France à la Marsa

M.Serge Degallaix
M.Serge Degallaix

Une semaine avant son départ de Tunis, après quatre années en poste d’ambassadeur de France à Tunis, Serge Degallaix a reçu samedi dernier quelques représentants des médias tunisiens, dans sa résidence « Dar Kamila » à la Marsa pour un Iftar particulier à plus d’un titre.
Cet iftar chez l’ambassadeur est devenu une tradition depuis son arrivée. Mais celui de cette année possède plusieurs particularités.
C’était l’occasion de présenter le nouveau responsable de la communication à l’Ambassade de France, Etienne Chapon (à gauche sur la photo). Mais c’est surtout le dernier Iftar avec M. Degallaix puisqu’il nous quitte samedi prochain pour rejoindre le Quai d’Orsay.
Du coup, c’est beaucoup d’émotion ressentie de part et d’autre.
On ne quitte pas Tunis sans émotions, sans un pincement au cœur et cela se ressentait chez l’ambassadeur qui a souhaité battre un record de longévité parmi nous (sept ans) comme il l’a lui-même avoué.

Dar el Kamila« La Tunisie, a-t-il déclaré, est un pays qui a réussi à conserver ses traditions, sa forte identité, tout en jouant la carte de la modernité. C’est cette image que je porte d’un pays qui a, certes, besoin de se développer davantage mais, qui demeure à l’avant-garde dans plusieurs domaines. Il citera les acquis de la femme, de l’économie, des échanges fructueux avec l’UE,etc.

Revenant sur son bilan, il déclare qu’il n’a ménagé aucun effort, depuis la prise de ses fonctions à Tunis, pour développer au mieux les initiatives et concrétiser des projets dans l’intérêt commun de la Tunisie et de la France. Il est vrai que les projets développés en partenariat avec des entreprises françaises sont nombreux durant ces quatre dernières années. On citera le plus important, le partenariat industriel, avec l’implantation d’Aérolia, filiale d’Airbus, à Tunis, mais l’accord de gestion partagée de l’immigration et du développement solidaire, la coopération universitaire, l’énergie nucléaire, la visite de Nicolas Sarkozy puis celle de François Fillon…
Dar El Kamila« Rien ne vaut le contact humain entre les responsables pour mieux se comprendre et avancer sur les dossiers. C’est dire que le métier de diplomate a encore de beaux jours devant lui et il ne disparaîtra pas de sitôt», a indiqué l’ambassadeur.

Des regrets, il y en a également. Le jumelage entre les pôles de compétitivité français et tunisiens n’a pas avancé comme il l’aurait souhaité, par exemple.
Je pars avec un sentiment de grande satisfaction d’avoir eu cette chance de travailler à Tunis. Compte tenu de mon tempérament, je n’aurais pas eu la même satisfaction si j’étais ailleurs.

Dar El KamilaSerges Degallaix n’a pas manqué de rendre hommage à tout le personnel de Dar Kamila, au personnel du service de presse de l’ambassade, en particulier, et à tout le personnel, en général. Et, il n’a pas oublié, au passage de remercier les représentants de la presse. Des représentants qui rentreront chacun avec un bel ouvrage de photos de la Résidence de France à la Marsa, prises par le jeune photographe Anis Mili qui a eu, il y a deux ans, l’opportunité extraordinaire d’exposer ses œuvres dans ses jardins.
Même si on ne partage pas toujours les mêmes points de vue, je vous remercie d’avoir fait preuve d’écoute, durant toutes ces années. L’important c’est de parler, de dialoguer, pour mieux se comprendre », a-t-il souligné.
Serges Degallaix partira samedi prochain, et son successeur, Pierre Ménat, rejoindra la Tunisie, le lundi d’après, soit en plein aïd.
Webmanager center
Insaf.B

Anis Mili, le photographe et l’artiste !

Anis-Mili-le-photographe-et-l-artiste
Anis Mili, photographe ou artiste photographe ?

Anis Mili, photographe ou artiste photographe ? Les deux à la fois. Car par son métier, on lui demande souvent de photographier des personnes, des manifestations, et autres images. Mais lorsque qu’il prend l’initiative de prendre une photo, dans ce cas, Anis Mili va au-delà de la simple photo qui sert à illustrer la page d’un journal, d’une revue ou d’un article sur webmanagercenter… pour prendre des images qui reflètent ses sensations intérieures.
Oui, Anis Mili sait voyager au-dedans de l’image pour ressortir ce qui est difficilement perceptible par le commun des mortels. Voilà son côté photographe doublé d’artiste, au sens savant du terme : pour lui, la photo n’est pas une image inerte, elle est muette mais éloquente, elle est aveugle mais voit, elle est son et lumière… Elle est aussi le reflet d’un instant ‘’T’’, du moins d’un moment !
Un talent doublé d’une sensibilité hors norme qu’il a hérité de son papa, ceux qui le connaissent depuis longtemps. Autant dire qu’il appris ou plutôt puisé à la bonne source. Mais en matière d’art, l’héritage n’est que secondaire, il faut forger ou se forger son propre talent. Pour ce faire, Anis Mili plonge et replonge dans ses souvenirs d’enfance, dans les buissons, la forêt, la mer…
Ces moments favoris, le lever ou le coucher du soleil… qu’il considère comme des moments magiques au sens artistique du terme. Mais pas seulement. Le désert, la mer ou l’océan, les artistes, une personne en désarroi/détresse, pensive ou en pleine gaieté, sont également des sujets de prédilection de l’objectif de son appareil photo. Ceci pour dire que les photos de Mili mêlent souvent passion et cœur.
Tiens, à l’occasion des vœux du nouvel an 2007, voici ce que dit de lui l’ambassadeur de France en Tunisie, S.E. Serge DEGALLAIX, en parlant des séance de photo qu’il a effectuées à la résidence de France à La Marsa : ‘’Anis Mili a posé un regard rempli de sensibilité sur cette demeure dont il a su capter la magie et je vous invite à suivre au fil des mois sa déambulation photographique dans le secret des jardins ou des appartements’’.
On retiendra de cette phrase quatre mots : regard, sensibilité, capter, magie qui résument le lien triangulaire, du moins osmotique entre Anis Mili, son appareil photo et l’extérieur.

Enfin, lorsqu’il reçut le premier prix national de la création des jeunes pour l’Année 2007, pour la catégorie ‘’photographie’’ -prix créé par l’Association tunisienne de loisirs-, cela ne fut pas une surprise pour ceux qui le connaissent et le voient en œuvre. Une récompense venue après seize ans d’expérience ayant permis d’affiner la perception du jeune photographe et de forger son talent d’artiste. Ce n’est que mérite.
La prochaine étape serait, peut-être, de faire reconnaître son talent à l’extérieur. Qui sait !
En tout cas, nous lui souhaitons bonne continuation !
WebManagerCenter

Dialogue entre photographie et patrimoine

Un des traits marquants de l’œuvre d’Anis Mili, jeune artiste racé et intelligent, est qu’il s’intéresse de très près au patrimoine, souvent mis en scène de façon élaborée et réfléchie, qui illustre la part croissante qu’il accorde à la question de l’identité.

Témoin direct des contradictions et des contestations auxquelles se trouve souvent en butte l’artiste, Anis Mili a utilisé la photographie comme un moyen de s’exprimer sur des sujets qui le touchent que ce soit à deux pas de chez lui ou à l’autre bout de la Tunisie.

C’est que rien ne peut arrêter sa volonté d’aller au devant de l’insolite, à la rencontre de la fantaisie ou de l’excentricité qui frappe l’esprit. La démarche adoptée dans ce cheminement consiste à produire des photographies « décalées » par rapport à celles attendues et espérées, et cela dans l’intention de proposer un regard critique sur les images et leur valeur artistique.

Initié à la chambre noire depuis tout enfant, l’appareil photographique est pour lui l’outil le plus naturel pour exprimer ses sensations.

Point besoin de mots pour traduire ses impressions ou ses sentiments. Observateur perspicace, il maîtrise toutes les subtilités de son objectif qu’il manipule avec une dextérité remarquable. Il a le chic d’entretenir avec son appareil une relation d’amour dans laquelle il a également établi des liens de fidélité parce que, à la différence de beaucoup de prétendus artistes, il a refusé de s’éparpiller entre des activités trop nombreuses en demeurant fidèle à la photographie qu’il a servie avec un total dévouement.

Loin de cette tendance ringarde qui caractérise encore un milieu « lambda » en matière d’audace et de recherche, Anis Mili a déployé son talent prolifique et fécond de « faiseur » d’images dans un style irradiant d’énergie. De sa griffe, à nulle autre pareille, de bidouilleur de génie, il a su imprimer dans notre mémoire des images qui éveillent dans l’esprit des résonances profondes en rapport avec un certain patrimoine. Ces échos, venus du fin fond de l’enfance, sont ancrés dans son intime conviction que tout ce qui relève du passé sert, à l’instar d’un flambeau placé entre les mains du présent, à éclairer notre futur.

Les photographies ainsi rassemblées tracent un itinéraire de stations dont chacune constitue un fragment de ce puzzle aléatoire, expression de la diversité de l’œuvre mise en évidence par la richesse des variations photographiques. Dans une perspective décalée et pour échapper à une représentation traditionnelle de la réalité, son travail est imprégné d’une certaine crudité qui se traduit par une grande force d’expression. Une réelle plasticité se dégage également de l’ensemble de ces prises de vue plongeantes.

Témoignage de vie, dévoilement de l’intime et du non-dit, ce heurtoir d’une porte de la médina monté sur une charnière et dont les coups sur une plaque de métal annoncent la venue d’un intrus qui, tel l’objectif du photographe, vient nous déranger dans l’intimité de notre quotidien et nous dérober une part de bonheur qu’on désirait soustraire du regard des envieux.

La porte s’ouvre et le vestibule ou « sqifa » franchi, on se trouve face à des escaliers en colimaçon qui nous invitent à une montée rapide et irréversible, une ascension en circonvolution vers l’inconnu.

Une fois la spirale remontée, on est au bout de ses peines. On atteint la terrasse. Sur fond noir, les coupoles, dômes, lignes courbes, brisées, verticales ou diagonales constituent, à la manière d’un Néjib Belkodja, les cellules originelles de sa vision du patrimoine et de l’environnement architectural, lui qui a vu le jour dans la médiévale médina de Monastir. Dans ce milieu ambiant ou la calligraphie, aussi mêlée à l’architecture, a été une source d’expérimentation esthétique singulière, le problème de l’identité a été le moteur qui l’a poussé le plus loin possible dans la recherche visuelle.

Cette même recherche de l’identité a motivé le souci permanent de l’artiste d’immortaliser dans les esprits des costumes tunisiens, les djebbas ou le haïk passés de mode, voire même dédaignés au profit d’autres habits venus d’ailleurs.

La vision plurielle d’Anis Mili se révèle dans le dernier volet de son cru : une dizaine de photographies absolument magnifiques qui donnent à notre regard une autre définition de la photographie dite de « paysage ».

L’artiste nous convie à une expérience intérieure toute nouvelle, violemment émotive, qui vient écrire sous nos yeux éberlués les extravagantes élucubrations d’une sorte de « paysage » marin.

Anis Mili a assemblé et réuni différents éléments du monde marin, de la coque des barques de pêcheurs à l’ancre servant à les immobiliser, de la proue à la poupe, tout y est. Les ressources de l’artiste n’ont pas de limites et, ce qui augmente la force chromatique de ses œuvres dans leur structure, c’est la lumière dont use à volonté l’artiste. La clarté du soleil, saisi à tous les instants du jour, influe considérablement sur les couleurs saturées. C’est là tout le potentiel exponentiel du talent d’Anis Mili.

Porteuses d’une identité tout a fait particulière, les photographies d’Anis Mili relatent une aventure, celle du patrimoine à travers ses plus belles expressions. De même, le regard qu’il pose évoque l’intensité de la plénitude dimensionnelle des paysages qu’il restitue par la grâce de l’émotion, de la sensibilité et du sens de la composition.

La presse.

Les voeux de l'Ambassadeur

De ses pérégrinations de loisir sur les côtes tunisiennes, Anis Mili a tiré une bobine et des clichés. Qui font depuis près d’un mois le bonheur des Marsois et leurs voisins carthaginois… Et ça continue à souhait… dans ce paysage magnifiquement ensoleillé.

Ca y est, le photographe Anis Mili est bien parti. Croisons ensemble les doigts pour ce jeune photographe, ami de la presse écrite et audiovisuelle avec qui il a toujours collaboré. Une chose quasi sûre, c’est qu’il lui serait vachement dur de faire marche arrière après avoir goûté aux saveurs du succès, des galeries, des expositions et à un brin de gloire dans cette cour des grands qu’il vient de fouler.

Après «Vision», son exposition de célébrité (la première SVP!) qu’a parrainée M. Degallaix, l’ambassadeur de France en Tunisie et celle d’après, qui a eu lieu, côte à côte avec l’artiste de renom Emmanuel Michel dans les Jardins de Dar El Kamila, en mai dernier, Anis Mili a vraiment pris goût à l’aventure artistique et la photo esthétique.

Le 15 juin, il sera avec une foule d’artistes connus de la scène pour inaugurer un espace d’arts contemporains à Carthage Dermech (pour être plus précis, à côté du théâtre Al Madar que va prochainement gérer le couple Sayem Ben Ammar et le supermarché Monoprix).

Mais l’événement qui obsède actuellement notre ami photographe c’est son exposition à l’Institut du Monde Arabe (IMA) de Paris qui aura lieu en 2008.

«Je ne remercie jamais assez monsieur l’ambassadeur de France et son épouse Fatemeh pour tout ce qu’ils ont fait pour moi. Madame l’ambassadrice en personne est derrière mon exposition qui aura lieu à l’IMA et c’est elle qui s’occupe de toutes les formalités jusqu’au moindre détail pour organiser cet événement qui, pour moi, se profile comme un rêve et je suis, honnêtement, aux anges. Aujourd’hui, je n’ai aucun droit pour reculer. C’est une lourde responsabilité que je dois porter avec bonheur et être surtout à la hauteur des attentes. Ces gens-là m’ont fait confiance, entièrement confiance et je n’ai pas à les décevoir…», nous a confié l’artiste-photographe qui s’est vu, en un court laps de temps, se métamorphoser la vie et prendre des couleurs, des lumières des dimensions et des ailes. Oui, tout a changé (dans le bon sens) chez notre ami et tout le mal qu’on lui souhaite, c’est de persévérer dans ce droit chemin tout en aura.

D’où tire-t-il son art ? En fait, il l’a tout naturellement dans les gênes. Puisque son père Abdeljalil est lui-même passionné sinon mordu de photos et il a souvent été en France dans des stages et ateliers.

Anis Mili, on le sait, n’a pas fait de grandes études dans le domaine. Un autodidacte de talent qui a l’œil bien exercé, qu’on reconnaît et respecte. Ses photos de presse sortent d’ailleurs souvent du lot. Ce qui lui a valu des prix et des consécrations faisant dans le cercle des jaloux et des yeux envieux.

Ici, on pense notamment au Prix de la Création de la Photo pour Jeunes que lui a remis Kamel Haj Sassi, le secrétaire d’Etat au sport, jeunesse et éducation physique.

Mais le meilleur est dans cette boite de photos prises à Dar El Kamila. Vues d’en haut, d’autres en bas. Vues à l’intérieur des appartements et dans les jardins.

Prises au gré des moments de plein jour ou de crépuscule… Le meilleur est aussi dans cette collection déroutante. «J’ai travaillé deux ans huit mois sur «Vision». Ca a pris le temps qu’il faut sur la frange méditerranéenne intensément colorée. J’ai été pratiquement dans tous les ports de pêche et les stations balnéaires. A Haouaria, Kerkennah, Mahdia, Bizerte, Kantaoui… j’ai trouvé ce que je cherche…», ajoute Anis avec un sourire timide et une luminosité dans le regard.

Le photographe a donc travaillé sur le reflet des lumières qu’il affectionne pendant les quatre saisons. Il a guetté matin et soir leurs moindres mouvements, couleurs tramages heureux et autres vibrations. Chez Anis Mili, le monde est changement et tout bouge, tout doit bouger. Ses instantanés en disent long sur la mobilité du temps, de l’espace… Et c’est pour cette raison-là que lui même est en train de mouvoir et progresser dans cette naturelle évolution. Et c’est le bon choix. Sans doute le meilleur qu’il fait depuis qu’il est né.

Zohra ABID