Anis Mili : Ce tunisien qui sculpte la lumière…


Le Quotidien | Publié le 23.07.2008

Anis Mili, le photographe tunisien qui sculpte la lumièreLe prix de l’amour est l’amour. Ainsi peut-on résumer la relation très spéciale qu’entretient l’artiste photographe Anis Mili avec son appareil photo. Une histoire passionnée et passionnante qui occupe actuellement les cimaises de l’Institut du Monde arabe à Paris. Une belle aventure qui sera clôturée à la fin de ce mois.

Le photographe tunisien qui sculpte la lumièreL’artiste- photographe Anis Mili vit ces jours-ci une grande et belle histoire qui va certainement le marquer pour toute sa vie. Car depuis le début de ce mois- précisément le 8 juillet- notre national a débarqué à l’Institut du Monde arabe avec une vingtaine de photos, un œil averti…et un rêve sans bornes d’aller au-delà des circuits habituels de la majorité écrasante des artistes. Les nôtres surtout. Mais pour pouvoir franchir les frontières avec ces photos qui sortent du lot, Anis Mili a dû travailler, bien et intelligemment, pour affûter son propre style et trouver son identité artistique loin de ces images figées qu’on expose ici et là.

Observateur perspicace et très attentif, doté d’une sensibilité à fleur de peau – tant mieux pour l’artiste – Anis Mili est l’un des talents émergents de la planète de la photographie, au moins et pour le moment en Tunisie. Ses premières expositions inspirées des festivals de jazz, des Journées Cinématographiques de Carthage et d’autres importantes manifestations culturelles ont permis aux fidèles des galeries et aux chercheurs des volumes et des formes de découvrir cet artiste qui a choisi de chercher et d’innover loin des sentiers habituels et d’aller avec ses photographies en noir et blanc à la rencontre de la Tunisie avec ses hommes, sa beauté et sa lumière. Une Tunisie très belle qui s’échappe de ses images figées et folkloriques…même très dépassées.

Le photographe tunisien qui sculpte la lumièreAvec lui, le public découvre la beauté de cette terre sous la lumière changeante au fil des saisons, cette lumière qui a séduit Paul Klee, Gustave Flaubert…et qui continue à charmer des artistes de différentes écoles et expressions. Autodidacte, Anis Mili a appris avec ses premiers pas à aimer la photographie et grâce à son père – photographe aussi- le petit Mili a découvert petit à petit la magie de cet appareil capable d’éterniser des moments du vécu. Laissant libre cours à son feeling, à son cœur, cet artiste a pu briller grâce à un style très recherché basé sur un dosage subtil de la lumière, des tons et des reflets. Avec les couleurs et les formes, il jongle, en quête d’une image insolite. Une démarche très originale qui lui a valu plusieurs consécrations et une grande exposition dans les jardins de la Résidence El Kamila à la Marsa, sous le haut patronage de Son Excellence Serge Degallaix, ambassadeur de la France en Tunisie.

Et voilà, après ses jolies aventures artistiques, vient le temps du décollage vers d’autres cieux. Et pour Anis Mili, le photographe tunisien qui sculpte la lumièrebien démarrer, il n’y pas mieux que l’Institut du Monde arabe à Paris, capable de présenter ces nouvelles et prometteuses expériences. Avec «Dialogue entre photographie et patrimoine», l’artiste-photographe Anis Mili a débarqué à l’Institut du Monde arabe (IMA) depuis le 8 juillet grâce à l’initiative de l’ambassade de France et avec le soutien d’Air France et également de Dominique Baudis, président de l’IMA et Mokhtar Taleb Bendiab, le directeur général de cette institution. Une exposition aux couleurs tunisiennes qui vient juste après l’hommage rendu à la diva arabe Oum Kalthoum. Et pour notre artiste qui a choisi de sculpter la lumière et de redessiner les ombres et les reflets, cette grande exposition à l’IMA n’est qu’un nouveau pas en quête d’une carrière internationale. On le souhaite vraiment, de tout notre cœur, pour ce faiseur d’images et de rêves !

Imen Abderahman