Anis Mili à l’IMA de Paris, «Dialogue entre photographie et patrimoine»


La Presse | Publié le 03.07.2008

Après le vif hommage rendu à l’immense diva égyptienne Oum Kalthoum, dont plusieurs chaînes de télévision françaises se sont fait l’écho, Dominique Baudis, président de l’Institut du monde arabe, et Mokhtar Taleb Bendiab, le directeur général, s’apprêtent à recevoir dans les tout prochains jours un autre artiste, un photographe tunisien, Anis Mili, dont l’œuvre est très appréciée et mérite par conséquent tous les encouragements.

Invitation Exposition Anis Mili à l'Institut du Monde Arabe - ParisLe vernissage de l’exposition intitulée «Dialogue entre photographie et patrimoine» de l’artiste photographe Anis Mili aura donc lieu ce mardi 8 juillet de 18h00 à 21h00 à l’Institut du monde arabe à Paris, sous le haut patronage de S.E.Serge Degallaix, ambassadeur de France en Tunisie. C’est donc à l’initiative de l’ambassade de France, d’Air France et, également, à la volonté de Dominique Baudis, présent en juin 2007 à l’exposition des œuvres de l’artiste tunisien qui s’est déroulée dans les jardins de la Résidence El Kamila à La Marsa qu’Anis Mili tient le privilège d’exposer.

Séduit par les photographies «décalées» par rapport à celles du circuit habituel, ainsi que par l’insolite et la fantaisie de cette démarche originale, le président de l’IMA s’est fait un point d’honneur d’accueillir le jeune artiste. Il sera présent avec vingt tableaux, la plupart liés de près au patrimoine souvent mis en scène de façon élaborée et réfléchie, illustrant la part croissante qu’il accorde à la question de l’identité. Les cinq ou six autres photographies reflètent une nouvelle tendance suivie par ce jeune artiste, racé et intelligent, consistant à saisir par l’objectif le pouvoir exercé par les lignes, les volumes et les couleurs des ensembles. Les barques amarrInvitation Exposition photo Anis Mili à l'Institut du Monde Arabe -  Parisées aux quais procèdent de cette tendance purement abstraite. Ces ensembles ordonnés sont capables d’agir par eux-mêmes sur la sensibilité et la pensée, et cela à travers la clarté du soleil saisie à tous les instants de la journée et qui influent considérablement sur les couleurs saturées de la coque des barques. Initié à la chambre noire depuis tout enfant, l’appareil photo est pour lui l’outil le plus naturel pour exprimer ses sensations. Point besoin de mots pour traduire ses impressions ou ses sentiments. Observateur perspicace, il maîtrise toutes les subtilités de son objectif qu’il manipule avec une dextérité remarquable. Il a le chic d’entretenir avec son appareil une relation d’amour dans laquelle il a également établi des liens de fidélité parce que à la différence de beaucoup de prétendus artistes, il a refusé de s’éparpiller entre des activités trop nombreuses en demeurant fidèle à la photographie qu’il a servie avec un total dévouement. Loin de cette tendance ringarde qui caractérise un milieu encore «lambda» en matière d’audace et de recherche, Anis Mili a déployé son talent prolifique et fécond de «faiseur» d’images dans un style irradiant d’énergie. De sa griffe à nulle autre pareille, de bidouilleur de génie, il a su imprimer dans notre mémoire des images qui éveillent dans l’esprit des résonances profondes en rapport avec un certain patrimoine. Venus du fin fond de l’enfance, ces échos sont ancrés dans son intime conviction que tout ce qui relève du passé sert, à l’instar d’un flambeau placé entre les mains du présent, à éclairer le futur.
Témoignage de vue, dévoilement de l’intime et du non-dit, les photographies ainsi rassemblées tracent un itinéraire de stations dont chacune constitue un fragment de ce puzzle aléatoire, expression de la diversité des œuvres mises en évidence par la richesse des variations photographiques.Exposition Photo à l'Institut du Monde Arabe - Paris

Dans une perspective décalée et pour échapper à une représentation traditionnelle de la réalité, son travail est imprégné d’une certaine crudité qui se traduit par la force de l’expression. D’où l’originalité de Anis Mili.